Son oreiller était trempé, ses yeux bouffis, son front perlé et ses lèvres tremblaient. Elle saisit pourtant son téléphone pour la énième fois cette nuit et composa le numéro qu'elle connaissait maintenant par c½ur. Une sonnerie... deux sonneries... trois sonneries...
Et pour la énième fois, elle raccrocha, retomba étendue sur son lit, et se laissa encore submerger par ses pensées. Elle essayait pourtant de les repousser, de les chasser... En vain... Son esprit était plus fort et prenait le dessus sur sa volonté... Elle aurait dû lui dire plus tôt, elle le savait. Mais elle n'avait pas vraiment eu le choix, une opportunité de la sorte n'arrive pas tous les jours ! Non, elle ne regrettait ni sa décision, ni son départ. Et puis, il savait qu'un jour ou l'autre elle partirait...
Mais partir, veut-il dire couper les ponts ? Ne plus jamais se revoir ? S'oublier ? Se faire du mal ?
Le réveil afficha 4h13 quand elle se leva, ouvrit les rideaux sur le ciel étoilé de ce 30 août et ramassa ses quelques affaires qui traînaient par-ci par-là sur le sol. Elle fourra le tout dans sa valise déjà prête, fila dans la salle de bain se passer de l'eau fraîche sur son visage que ses pleurs avaient maculé de rouge, s'attacha sa chevelure brune et s'arma d'un papier et d'un stylo :
Elle ne les avait pas prévenus de l'heure de son départ évitant ainsi les regards inondés qui vous supplient de ne pas partir comme si leurs vies en dépendaient. Mais non ! La vie continue... Mais ça Hadrien ne l'a sûrement pas compris... Elle déposa le post-it sur la table, referma délicatement la porte derrière elle et dévala les quatorze escaliers qui la séparaient du septième étage. Arrivée au pied de l'immeuble, elle jeta un regard mélancolique aux fenêtres du dernier étage et resta plus d'une minute à scruter cet appartement où elle se sentait en famille malgré que celle-ci soit si loin. Plantée sur le trottoir sa guitare au dos et sa valise à la main, elle ne bougeait pas. Lorsque une lumière émana de la fenêtre de chambre de Lola, elle redescendit brusquement sur terre et s'empressa d'héler un Yellow Cab. Elle s'engouffra à l'intérieur, demanda la destination de l'aéroport au chauffeur et le taxi partit en trombe.
Zoé profitait du hublot pour voir partir devant ses yeux ce sol américain qu'elle chérissait tant. L'hôtesse vint lui proposer une boisson qu'elle accepta volontiers. Elle sortit de son sac une feuille blanche, un crayon à papier et une gomme puis commença à dessiner son portrait... Sa main virevoltait sur la page vierge, les courbes d'un visage ne tardèrent pas à apparaître. Ce jeune homme était beau : son visage fin, sa gueule d'ange, ses yeux verts, il ne pouvait que plaire. Lui ? C'était Hadrien alias Had, le meilleur ami de Zoé ou peut-être son ancien meilleur ami... A cette pensée elle ne put s'empêcher de déverser une larme, qui roula sur sa joue et tomba sur le coin de la bouche du jeune homme. La tâche humide étala le crayon, elle ferma les yeux quand l'homme assis à son côté parla.
L'Homme : *une grimace de satisfaction s'étalant sur son visage* Vous dessinez drôlement bien, dîtes moi !
Moi : *esquissant un demi-sourire après avoir discrètement essuyé mes larmes* Merci...
L'Homme : *dont le geste n'avait pas échappé* Vous... pleurez ?
Zoé ne répondit rien. Oui ! Oui elle pleurait ! Pourtant elle n'aimait pas pleurer surtout devant les autres. Pleurer, ça puise toutes vos forces, ça emmène la pitié des autres et ça fait mal... Elle ne voulait pas voir la pitié dans les yeux de cet homme... Jamais plus elle ne pleurera, elle se le promit intérieurement.
L'Homme : *fixant le dessin posé sur ses genoux* C'est à cause de lui ? C'est votre petit ami et vous avez été dans l'obligation de déménager à l'étranger... N'est-ce pas ?
Il la regardait maintenant un air semi compréhensif sur le visage. Il n'avait pas tout à fait faux et tout à fait juste...
Moi : *refoulant mes larmes, les yeux rivés sur le bout de ses converses* Oui et Non, *montrant d'un coup sec de la tête le dessin* c'est bien à cause de Lui, par contre ce n'est pas mon petit ami mais mon meilleur ami *là encore je fermai les yeux* et je n'ai pas dû déménagé je pars de mon plein gré et... La séparation s'est faîte assez... *baissant la tête pour contempler mes doigts qui ne cessait de gesticuler dans tous les sens* brusquement...
Elle venait de déballer ce qui la chagrinait sans même avoir pris le temps de reprendre son souffle à un parfait un inconnu. Celui-ci n'avait cessé de la dévisager et n'eut pas le temps de dire quelque chose, qu'elle repartait de plus belle...
Moi : Je sais qu'il n'a pas une vie facile ! Que ses parents sont séparés, qu'il a du mal à l'école, que sa grand-mère a un cancer, que son unique s½ur ne lui parle plus, qu'il papillonne de rose en rose... Mais à chaque fois je l'ai soutenu, relevé quand il tombait... Et puis il y a deux ans je l'ai laissé partir en Afrique du Sud chez sa cousine pendant douze longs moi sans lui faire aucune crise ! Cette séparation physique ne nous a que rapproché davantage ! Pourquoi réagit-il de cette manière ? Je ne le suis plus, je suis perdue... Croyez-vous qu'on a le pouvoir d'empêcher quelqu'un de vivre ses rêves ? Il savait que mes parents vivaient en France et qu'un jour ou l'autre j'y retournerai. Il savait que mon rêve serait de pouvoir devenir un jour journaliste. Il savait que si l'occasion se s'offrirait à moi je la saisirais sans plus attendre... *rangeant le dessin dans une pochette orange* Pourtant quand je lui ai annoncé, il n'était pas heureux pour moi, il n'a même pas décroché un mot, il m'a presque viré de chez lui... Je l'ai appelé peut-être trente fois cette nuit, au début il répondait mais ne parlait toujours pas, à la fin il ne prenait même plus la peine de m'écouter, je tombais sur le répondeur à chaque fois... Je n'sais pas moi, il est peiné ? Jaloux ? Énervé ? Égoïste ? Egoïste doit être le mot, il ne se préoccupe que de sa petite personne et... *détournant le regard de mes mains pour les mettre dans ceux de mon interlocuteur* J'aurai dû renoncer à mes rêve pour lui ?
Elle se prit la tête à deux mains. Comment avait-elle pu ? Comment avait-elle pu dévoiler la vie de son meilleur ami ? Comment avait-elle pu le traiter d'égoïste lui qui avait toujours été là pour elle ? Comment avait-elle pu le mépriser autant pendant près de deux minutes ? Pourquoi avait-elle fait ça ? Elle s'en voulait au plus profond d'elle-même, Lui qu'elle aimait tant...
L'Homme : *à voix basse* Ayez la conscience tranquille, jeune fille, vous n'aviez pas à renoncer à vos rêve *se rapprochant de mon oreille * Au plus profond de lui-même il vous comprend, croyez moi.
La voix d'une hôtesse de l'air grésilla dans les haut-parleur pou annoncer à ses passagers de l'atterrissage proéminant.
Zoé regroupa ses affaires, finit son verre de jus d'orange, congédia son voisin et sortit la première de l'avion. Elle attendit près d'une demi heure ses valises, puis partit à la recherche de ses parents parmi la foule. Lorsqu'elle les aperçu enfin, elle lâcha ses bagages et courut dans les bras de son frère.
Moi : Lucaaas ! Comme je suis heureuse de te revoir !
Lucas : *un large sourire fendant son visage* Tu m'as manqué ma p'tite s½ur d'amoouuur !
Zoé desserra son emprise pour faire face à ses parents
Moi : *petit sourire ravi* J'ai été prise à l'école de journalisme !
Elle sautait sur elle-même agitant les bras dans tous les sens. Après maintes embrassades et maints enlacements, ils prirent la route de la maison. Là, elle y retrouva sa chambre et ses petites habitudes. Malgré qu'elle ait toujours pas digéré le coup que lui a mit Hadrien, elle rie avec son frère, elle lui apprend quelques accords à la guitare, lui, il lui apprend à grimper dans les arbres... Entres les promenades en familles, les chamailleries avec Lucas, les dîners tous ensemble, elle ne s'ennuyait pas et avait presque oublier que demain elle allait à Paris, à l'école de journalisme.
Son ventre se noua lorsque son nom résonna dans toute la pièce. Elle se leva, s'emmêla les pieds et trébucha, tous les regards étaient tournés vers elle.
Ca y est elle était à Paris. Ils étaient une centaine à avoir le même rêve qu'elle. Tous les noms de ses camarades et le sien avaient été écrits sur un morceau de papier, trente d'entre eux allait avoir la possibilité de suivre et d'interviewer une personne célèbre pendant un certain temps... Et Zoé venait de faire partie de ces trente là.
Arrivé sur l'estrade, elle s'assit non sans aise et baissait les yeux dès que ceux-ci croisaient un regard envieux des personnes assises maintenant en face d'elle. La sélection terminée, ils les emmenèrent dans une salle plus petite que la précédente et une des personnes prit la parole :
... : *joignant ses mains* Bonjour à tous. J'espère que vous aller bien. *petit sourire* Donc... Cette année, pour la première fois... Mes collègue et moi-même avons décidé de mettre en place des suivis et interview de personnes célèbre plus tôt dans le corpus de l'école de journalisme...Afin de motiver les élèves et... Vous êtes les tous premiers dans cette filière ! On ne pouvait pas en faire bénéficier tous les élèves c'est pour cela que l'on a dû « choisir » *il avait fait les guillemets dans le vide de chaque côté de son visage* Vous êtes en quelques sortes privilégiés... Bravo à vous ! Je... *saisissant une boîte sur le bureau juste derrière lui* Je vais vous demander d'approcher un par un pour venir piocher un petit morceau de papier où sera inscrit un nom... euh... de personne célèbre... *cherchant des papiers dans sa mallette* Ah, voilà... *montrant les papiers* la plus part d'entre vous vont partir avec l'un de nos journalistes, ici présents, à l'étranger et devront y rester quelques temps... Il y en a qui partiront deux mois comme d'autre dix-huit mois ! Donc je vous demanderai de remplir ce formulaire... Enfin vous verrez tout ça plus tard... Tenez. *me montrant de son doigt grassouillet* Vous. Venez piocher, je vous en prie...
Pour la seconde fois son ventre se noua, elle tituba jusqu'à la boîte, plongea sa main à l'intérieur et en ressortit un bout de papier. Elle le déplia et lut pour elle-même : TOKIO HOTEL – 11 mois
... : *tout sourire après avoir lu par-dessus l'épaule de son élève* Donc maintenant tu vas aller avec le monsieur et il va tout t'expliquer *faisant face aux autres étudiants* Aller, aller, venez, ne soyez pas timide !
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Bien ? Pas Bien ?
J'voudrais savoir si je continue ou pas xD
J'veux vos avis n_n
